LA REVUE

ÉDITORIAL DU NUMÉRO 50
(décembre 2011)


Dans le dernier numéro, nous soulignions que l’apport de la musicothérapie auprès de personnes en situation de handicap était maintenant reconnu. Il faut toutefois noter que, parfois, le terme provoque des réactions négatives. Il ne s’agit pas de tenter, comme le faisait Rolando Benenzon, de préciser l’action (« La musicothérapie… est un terme peu heureux pour définir cette spécialité car cette appellation en limite la vraie dimension » (Manuel de musicothérapie, p.15, Privat, 1981) ; il semblerait que « thérapie » associé à « musico » dérange ! ça n’a pas l’air d’être le cas pour d’autres disciplines, je pense, en particulier, à l’Équi-thérapie ou même à l’Art-Thérapie. Il n’est pas question de revenir ici sur l’origine même des thérapeutes, pas plus que sur le parallèle démonstratif entre psycho-thérapie et musico-thérapie.
Il est clair aussi qu’ « il faut bien reconnaître qu’il n’existe pas de ‘musique thérapeutique’… et qu’ ‘elle’ [la musicothérapie] passe nécessairement par un travail d’équipe » (Édith Lecourt, Le Monde de la Musique, n°30, janvier 1981).
À mon avis, deux choses peuvent expliquer quelques réticences : l’extension du champ d’application et les lieux.
À l’origine, en France, on a pensé à utiliser la musicothérapie dans le domaine de la santé mentale. Quoi de plus normal puisqu’on s’appuyait, justement, sur ces fameux thérapeutes (et sur ce qu’on savait des travaux américains auprès des rescapés de la guerre !). Par suite, on est passé –et là encore très logiquement- au cadre scolaire, rééducatif, psychopédagogique. On a enfin pensé à une application auprès d’autres personnes « en situation de handicap ». (cf. M-T-C n°47). C’est pour cette raison que j’ai proposé de parler d’applications de techniques de musicothérapie lorsqu’on travaille auprès d’enfants en difficultés scolaires et qu’on intervient dans une structure d’enseignement. Ceci peut s’étendre à la maison de retraite et à d’autres structures. Il est bien question de lieux. Il est aussi question d’indication. Qui la délivre ? Quelle est-elle ?
Tout le monde sait qu’une simple ronde en petite section de maternelle peut être un acte éducatif, un acte social, parfois un acte thérapeutique.
Je voudrais aussi préciser qu’une application des techniques de musicothérapie à des fins occupationnelles me semble digne d’intérêt, « être avec » et apprécier un instant… ne me semble pas condamnable.
Dans ce numéro 50, nous proposons la fin de « La musicothérapie, une question de temps » de Stéphane Ducommun qui, en situation de recherche, s’expose et nous invite à sans cesse remettre en question nos certitudes.
Christine Lebègue développe « Musicothérapie et personnes âgées dépendantes. Un atelier chant comme « voix » thérapeutique ? ».
G.D.

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